Alimentaire

Que faire lorsque j'ai été malade après avoir mangé un aliment ?

La réponse d’Inovalys

Les aliments d'aujourd'hui sont beaucoup plus sûrs qu'il y a quelques dizaines d'années et ils sont rarement responsables en France de troubles chez les consommateurs ; néanmoins il est toujours possible de contracter une affection d'origine alimentaire.

Avant de mettre en cause l'aliment, il est nécessaire de savoir que beaucoup d'affections peuvent être confondues avec des Toxi Infections Alimentaires Collectives (TIAC) qui se définissent à partir de deux cas similaires sur un même laps de temps.  

Voici deux liens utiles sur le sujet :

En particulier de nombreuses maladies dues à des virus (gastro-entérites virales) peuvent se traduire par des symptômes digestifs (vomissements, diarrhées) brutaux, sans prodrome (pas de signes avant-coureurs), qui sont souvent associées par le consommateur au dernier aliment consommé, d'autant plus que celui-ci avait un goût inhabituel ou n'a pas été mangé de bon appétit.

Conduite à tenir

  • S'il y a plusieurs malades présentant des troubles digestifs (vomissements, diarrhée), le médecin peut faire une déclaration officielle de TIAC auprès de l'ARS (Agence Régionale de Santé) ou de la DD(CS)PP (Direction Départementale (de la Cohésion Sociale et) de la Protection des populations). Si une enquête officielle est décidée, les analyses seront prises en charge par les services de l'Etat dans le cadre de l'enquête ouverte.

https://www.ars.sante.fr/
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/coordonnees-des-DDPP-et-DDCSPP

  • S'il y a un seul malade, il n'y a pas d'enquête officielle sauf pour les maladies à déclaration obligatoire, comme les Listérioses que les médecins doivent déclarer. Dans ce cas d'un seul malade et en l'absence d'enquête officielle, les analyses ne seront pas prises en charge par les services de l'Etat.

Les analyses réalisables sur un aliment sont très nombreuses (analyses microbiologiques ou recherches de contaminants chimiques) et une recherche non ciblée sur un problème précis peut conduire à des coûts analytiques élevés.

Les meilleurs conseils que nous pouvons vous donner dans le cas d'un seul malade sont :

1. Si vous êtes inquiets à propos de votre état de santé, contactez votre médecin traitant.

2. Conserver l'aliment au congélateur pour qu'il ne se dégrade pas. L'échantillon restera disponible si l'état de santé de la personne malade venait à s'aggraver : il restera possible de faire des recherches (demande de l'hôpital par exemple).

Si vous disposez d'unités de vente consommateurs non ouvertes, il faut éviter de les ouvrir afin de conserver le produit dans l'état où il a été vendu.

Nous vous conseillons de conserver tous les autres aliments de vos précédents repas qui sont encore à votre disposition car ce n'est pas toujours l'aliment suspecté par le consommateur (en général un aliment du dernier repas) qui est responsable des troubles mais un autre plus anodin et consommé un ou deux jours auparavant peut être en cause.

3. Si cet aliment a été consommé en restauration collective la réglementation prévoit que les repas témoins des cinq derniers jours soient conservés en permanence. En effet, peu de troubles digestifs ont une incubation supérieure à cinq jours.

 

Et ensuite

1. Si cet aliment a été vendu par un commerçant :

il est toujours utile de lui faire savoir de façon discrète qu'il y a une suspicion associée par vous à l'aliment (cela lui permettra de prendre des mesures si plusieurs personnes lui signalent le même problème). En particulier les grandes chaînes de distribution disposent d'un système d'alerte interne permettant de faire remonter ces plaintes et de prendre des mesures au niveau national en cas de problème récidivant en plusieurs endroits. Un artisan assurera de son côté une vérification de la préparation du produit s'il est alerté. Dans de nombreux cas, les professionnels alertés demandent d'eux-mêmes par sécurité des analyses complémentaires sur les produits mis en cause, sans le faire savoir au consommateur.

2. Si vous avez préparé cet aliment vous-même, voici un rappel de quelques règles à respecter :

  • Respecter dans sa cuisine les bonnes pratiques d'hygiène, en particulier celles concernant la température des aliments. Ne pas maintenir à température ambiante des produits sensibles mais au froid jusqu'à leur utilisation.
  • Les oeufs sont fréquemment associés à des TIAC graves à salmonelles, d'autant plus qu'ils proviennent d'élevages non suivis dans le cadre des contrôles officiels.
  • Lorsqu'un aliment a mauvais goût, il faut immédiatement cesser de le consommer : cette règle est rarement appliquée.

Dans tous les cas, gardez à l'esprit que :

  • votre démarche doit rester constructive et prudente car à moins d'avoir la preuve formelle d'anomalie de l'aliment (ce qui est rare malgré les analyses faites) et d'avoir déposé une plainte en bonne et due forme, vous ne pouvez entreprendre que des démarches amiables s'il n'y a pas eu d'enquête officielle.
  • les analyses réalisables sur un aliment sont très nombreuses (analyses microbiologiques ou recherches de contaminants chimiques) ; une recherche non ciblée sur un problème précis peut conduire à des coûts analytiques élevés et une prescription par un médecin ou un acteur officiel (ARS ou DD(CS)PP) reste fortement conseillée avant d’engager toute analyse.
vers le haut
Save as PDFRSS
Save as PDF